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A ma mamie...

Ma chère mamie Suzanne,

Te voilà partie toi aussi...
Ma maigre consolation est que toi au moins tu as eu le temps de faire la connaissance de ton arrière petit fils.

N'allons pas nous mentir, nous ne nous sommes pas toujours bien entendu.
Nos relations n'ont pas été faciles, la faute certainement à nos forts caractères à toutes les deux même si à ce jeux là tu étais gagnante.
Souvent, tu me demandais d'où je pouvais bien tenir ce fichu caractère. Je ne répondais pas pour ne pas mettre d'huile sur le feu mais intérieurement je ne pouvais m'empêcher de sourire en me disant "Hmm... devine !".
Nous n'avons pas su faire un pas l'une vers l'autre. Aucunes de nous et aujourd'hui c'est trop tard...

Oh, des bons moments nous en avons eu bien-sûr ! Mais tu étais si secrète...
Tu souriais lorsque je te posais des questions sur ta vie, ton passé. Tu me disais alors que tout ça c'était de vieilles histoires, à quoi bon ! Pourquoi tant d'intérêt ? Sans jamais me répondre...
Pourquoi ? Pour mieux de connaître toi et papy, tout simplement...
Quand enfin tu baissais la garde, quand enfin tu t'ouvrais à nous, que tu nous racontais tes souvenirs, des bribes de ton histoire, des moments d'échanges, de partages et de complicités s'installaient. Tu t'amusais alors de me voir tout noter pour ne rien oublier...
Des moments bien trop rares à mes yeux mais très précieux.

Aujourd'hui, il est trop tard pour tout ça...
Le temps a fait son œuvre. Je n'ai jamais osé insister.
Nos relations se sont améliorées, je revenais te voir avec plaisir, te raconter un peu de ma vie, te présenter mes enfants, partager ce que nous pouvions encore partager.

Aujourd'hui, c'est hélas le temps des regrets.... mais je sais aussi que les bons souvenirs resteront.

Tu es partie rejoindre papy, ton époux si tendrement et profondément aimé. Que ton âme repose paisiblement auprès de lui.
Avec son aide, veille bien sur nous.

Je t'aime fort.

1/04/2017
Sainte Anne Sur Brivet


A ma petite mamie…




Ma petite mamie… Tu représentes tant pour moi…
Ma mamie, ma copine, mon amie, ma confidente.
Tu as eu une place tellement grande et importante dans ma vie et dans mon cœur.
J’ai du mal à réaliser que tu t’en es allé…

Quand je pense à toi, tant de choses me reviennent, tant de souvenirs. J’ai beau chercher, je crois qu’il n’y en a pas de mauvais, ou s’il y en a, ils sont tellement insignifiants qu’ils ont été oubliés depuis longtemps.
Tant de belles années auprès de toi, à tout partager avec toi sans restrictions et sans tabous.
Les journées du dimanche, nos mardis soirs, les mercredis, les vacances, les étés avec mes cousines.
Des jeux, des discussions sans fin. Tu étais ouverte à tout, tu te faisais complice de nos passions.

Mamie copine, mamie complice, super mamie, toujours là en toutes circonstances face à mes maux d’enfant, d’adolescente et même de jeune adulte.

Tous ces moments passés avec toi resteront à jamais gravés dans ma mémoire et mon cœur.
Certains me reviennent tout de suite comme les préparatifs de la crèche de Noël à la maison avec maman. Tu t’en souviens ? Je crois que nous n’avons jamais autant rit.
Et ta façon de nous raconter tes aventures avec tes "Oh ! Tu sais pas ce qui m’est arrivé ??" qui nous faisait parfois te gronder gentiment mais qui ne pouvait nous empêcher de sourire.

Et puis ta gentillesse, ta bienveillance. Tu nous aurais tout donné pour un simple sourire.

J’ai toujours pu compter sur toi, même en grandissant. Tu as toujours été là pour un sourire, une discussion, un conseil, des souvenirs à transmettre et à partager.

Et puis tu as vieillit… Alors cette fois, c’est nous, fille et petits-enfants, qui ont été là pour toi. C’était notre tour. Quoi de plus normal après tout ce que tu as fait et été pour nous ?

Cette drôle de maladie, la vieillesse, t’as peu à peu emporté loin de nous, vidant ton regard de nos souvenirs. Mais moi, je n’ai rien oublié.
Tes grands yeux si expressifs avant ne me voyaient plus, ce sont éteint… Mais moi je te voyais toujours.
Peu importe que tu te souviennes de moi ou non, j’ai continué à partager ma vie avec toi. J’habite loin, mais chaque fois que je venais, je te rendais visite avec ma fille qui a eu le bonheur de te connaitre et qui se souviendra de toi du haut de ses 5 ans et j’y veillerais. Elle sait qui est sa gentille grand-mamie Annick qui a joué aux petites voitures et à la dinette avec elle…

Mes seuls regrets sont de ne pas avoir pu te revoir une dernière fois et que tu n’as pas eu le temps de connaitre ton arrière-petit-fils né il y a peu…

Au revoir ma tendre mamie, tu as retrouvé l’amour de ta vie et ton cher petit garçon. Soit heureuse auprès d’eux et continue de veiller sur nous depuis les étoiles car nous avons toujours besoin de toi…

Je t’aime…

Maëla.

Sainte Anne Sur Brivet, 26/12/2016

Une histoire de famille, ma famille, l'histoire d'un ange...


Chaque famille a son histoire, son vécu, ses jours heureux et ses périodes sombres.
Je suis persuadé que ce vécu forge notre personnalité et nous aide à nous construire ou bien nous poursuit, mais dans tous les cas influence inexorablement notre avenir.

Ces histoires de famille marquent chaque personne de façon différente et impactera le reste de sa vie.

Ces histoires de famille traversent les générations même si les plus jeunes ne feront que "connaître cette histoire" dans un devoir de mémoire.
Chez certains, des histoires de famille deviendront des secrets, tabou, qui mourront avec le temps laissant planer un fond de mystère derrière elles.
D'autres histoires disparaitront avec leur détenteur laissant aussi un voile de mystère derrière elles que personne ne saura lever comme cette histoire de train loupé pendant la 2nd guerre mondiale par mon grand-père paternel qui avait l'âge d'aller au STO. Il n'était pas résistant, avait l'âge de partir en Allemagne mais il s'est "trompé de train" m'a t-il toujours dit avec un petit sourire. Je n'ai jamais su ce qu'il en était réellement, on ne loupait pas le train pour le STO... Il a emporté son secret avec lui...

Dans ma famille, nous avons nous aussi nos histoires et comme souvent ce sont des moments difficiles qu'il serait peut être plus facile d'oublier mais ce serait alors comme une trahison, ce serait renier une partie de ce que nous sommes.

J'ai 30 ans, j'ai déjà vécu des choses difficiles comme beaucoup d'autres. La maladie de mon frère, heureusement bénine mais qui nous ont plongé dans 5 années d'enfer, puis des années plus tard ma catastrophique année à St Naz qui a encore des répercussions aujourd'hui...
Mais je pense être sortie plus forte de ces épreuves et il est clair qu'elles ont façonné ma vie d'aujourd'hui.
Je sais que la vie et l'avenir me réserve encore certainement des coups tordus mais tant qu'ils ne sont pas à la hauteur de ce qui me fait écrire ces lignes aujourd'hui, ça ira très bien.

C'est un livre qui m'a donné envie d'écrire.
"Mon enfant, mon amour" de Renée Mousseau, édité en 1979.

Môman m'a prété ce livre qui appartient à ma grand-mère maternelle, mamie Annick, et que nous avons toutes deux lu d'un traite.

Ce livre est le témoigage émouvant et déchirant d'une mère qui a vu mourir son petit garçon emporté par une leucemie aigue en 1 an.
Remettons les choses dans leur contexte. Nous sommes dans les années 60, à cette époque la guérison est très rare. Les greffes de moelles osseuses sont encore au stade expérimentale.

Ce livre m'a profondément touché et bouleversé car il raconte aussi le drame qu'ont vécu mes grands-parents maternels (et donc ma mère bien que très jeune à l'époque) lorsqu'ils ont perdu leur fils ainé d'une leucémie en quelques mois en 1962.
Comment ne pas faire le transfer entre cette maman et ma mamie lorsqu'elle raconte la maladie, le calvaire de son enfant et surtout sa fin ?
Au fil des pages c'est mamie que je voyais...
C'est en larmes que j'ai terminé le livre pendant la sieste de ma fille et c'est le coeur débordant d'amour que je suis ensuite allé la chercher après sa sieste pour simplement la serrer dans mes bras. Réaction primaire d'une maman n'osant imaginé que l'on puisse lui arraché son enfant.

Nous connaissons tous l'histoire de "Petit Claude", l'ange gardien de notre famille, cet oncle partit trop vite quand il était enfant, mais uniquement dans les grandes lignes.
Claude - 7 ans
Sans être tabou nous ne parlions pas de la maladie de Claude. Mamie nous parlait beaucoup de lui, de l'enfant qu'il était, elle débordait d'amour en nous racontant l'enfance de ses 3 enfants mais quelques choses se félaient en elle alors à l'évocation des 9 ans de son fils ainé. Elle pouvait être si bouleversé dasn ces moments là que nous changions de sujet, voulant préserver notre mamie adorée.
Même môman ne connait pas les détails de la maladie de son frère. A seulement 5 ans à l'époque ce sont des brides de souvenirs, des moments marquants. Elle se souvient d'un grand frère aimant et protecteur toujours gentil avec elle. Puis d'un Claude différent lorsqu'il était malade et de la veillée funèbre où elle tenait un cierge avec son autre frère.
Elle et son frère ont grandit avec le souvenir et l'image de ce frère tant adoré devenu ange et veillant sur eux. Présence parfois lourde à porter qui a certainement contribuer à forger leurs caractères respectifs foncièrement différents.

En rangeant des choses chez mamie, môman a retrouvé beaucoup de chose lié à son enfance et à ce passé douloureux. Elle a retrouvé ce livre auquel mamie tenait tant et on comprend pourquoi, ainsi que les correspondances de ses parents avec la famille et amis (brouillons de lettres envoyés, réponses reçues, lettres de condoléances etc...) liés à ce drame. Des lettres écritent par mes grands-parents et notamment une lettre de papy où il raconte d'un façon touchante et pleine de lucidité les dernières heures de son fils. Môman a obtenu des réponses à certains de ses souvenirs et découvert la souffrance et le vécu de ses parents d'une autre façon.
Elle m'a envoyé une copie de cette lettre.
Dieu que mon grand-père écrivait bien ! Ca, je le savais déjà mais ainsi, dans de telles circonstances, avec un ton plein de sérénité parce qu'il savait que, maintenant, Claude ne souffrait plus, qu'il avait rejoint les cieux et le Seigneur qui l'avait choisi, rapellé à lui plus tôt pour faire de cette enfant un ange...
Aucune colère, aucune amertume. De la douleur certes mais une paix et une foi inébranlable...
Mes grands-parents étaient très croyants et pratiquants, celà les a très certainement beaucoup aidé dans leur deuil mais tout de même, j'en reste bouleversé et quelle leçon de courage qu'ils nous donne là au travers de ces quelques lignes écritent il y a si longtemps !

Môman a également retrouvé le journal que mamie écrivait quand ils étaient petits "Mes jours heureux" où elles parlent de ses amours, ses enfants et son mari.
Quand môman m'a fait parvenir par mail une copie, je me suis précipité sur l'ordi et l'imprimante.
Là encore la foi est présente partout. Dieu, les saints. Elle les remercie constamment pour tout ce qu'elle a dans la vie, pour son époux tant aimé et pour ses beaux enfants.


Le journal se termine à la mort de Claude. Et là encore, une grande leçon de courage, d'humilité et de sérénité. On lui a arraché une partie d'elle-même, son coeur de maman saigne dit-elle mais jamais elle ne se révolte contre cette fatalité, contre Dieu qui lui a enlevé, qui l'a privé de son enfant si tôt. Au contraire, elle remercie le Seigneur de lui avoir accordé ces années, bien que trop courtes, avec son fils...

Une bonne claque, j'en reste sans voix.
Maintenant que je suis maman, je n'ose imaginé comment je réagirais si on m'arrachait ma fille. Mais certainement pas de cette façon là, avec cette sérénité, ça non.
Je serais certainement la femme la plus égoiste du monde, j'en voudrais à la terre entière et chercherais désespérément un moyen de continuer à vivre sans elle...

Môman se replonge dans son passé en rangeant les affaires de mamie. Elle revit beaucoup de choses et a besoin de les partager. Je suis présente parce que ma môman à moi à besoin de moi surtout dans des moments comme ça, que j'ai besoin d'elle plus qu'elle ne se l'imagine et que comme elle, j'aime à connaître l'histoire de ma famille.
Comme môman, je trouve important le devoir de mémoire.
Nous avons grandit avec l'image de cet oncle et avec sa présence fugace pour nous mais bien là.
J'ai envie de le connaître et de connaître son histoire, une partie de l'histoire de ma mamie.

Aujourd'hui, mamie oubli beaucoup de choses...
Elle ne vit plus dans le présent ou bien pendant quelques heures lorsqu'elle est entourée de la nouvelle génération de petits avec Aelys ou le petit cousin Joris.
Nous, ses petits-enfants nous commençons à nous effacer de sa mémoire. C'est dur mais je le vois bien. Elle parviens à nous resituer mais ce n'est pas immédiat.
Ses propres enfants, elle les reconnaît mais fait des mélanges prenant môman pour sa propre mère parce qu'elle s'occupe d'elle. Moments difficiles pour môman...
Elle vit dans le passé lointain, se souvenant bien de sa mère et de sa tante Joseph qui l'a élevée... Elle ne parle plus de Claude ni de papy, son Henri, l'amour de sa vie...
C'est douloureux surtout pour môman mais quelque part il vaut peut être mieux que ce soit ainsi. Au moins elle ne revit pas son passé douloureux et a occulté les pires moments de son existence... Elle vieillit en se préservant inconsciemment des plus grandes déchirures de sa vie...


3/07/2014
Ste Anne Sur Brivet

A mon Papy...

Mamie Suzanne et Papy Yves - 30 août 2009

A mon papy, notre papy,

Papy. C'est ainsi que nous, tes petits-enfants, t'avons toujours appelé parce que pour nous, enfants, c'était ton prénom et que nous l'avons toujours prononcé le coeur débordant d'amour.

Papy. Ce grand bonhomme en salopette bleue aux yeux rieurs, pétillants de malice, toujours prêt à nous faire rire. Voici la première image qui nous vient de toi dans nos souvenirs d'enfance. 
Toujours un sourire en coin, un clin d'oeil pour nous lorsque nous venions vous voir, toi et mamie.
Toujours d'accord avec mamie autour de la table du goûter le mercredi après-midi, mais toujours complice de nos bêtises.
Un petit sourire plaqué sur les lèvres qui faisait rire tes yeux, un clin d'oeil, jamais de grands discours, un « faites attention » ou « surveille bien ton frère », à mon attention tout au plus, mais jamais d'interdit bien défini. Tu savais où nous étions, ce que nous faisions à jouer dans ton atelier parmi le bois et tes outils, à s'improviser sculpteur ou menuisier. Terrain de jeu interdit par mamie mais dont tu nous laissais la clé sous prétexte d'aller nourrir les poules.

Nous nous souvenons des jeux que tu improvisais pour nous : la « grosse bêtête » traversant la table à toute allure, la petite toupie que tu nous avais fabriquée en bois et que tu faisais tourner à l'envers devant nos yeux d'enfant éblouis par ce prodige. 
Et lors des repas de famille où si tu trouvais une serviette, il n'était pas rare qu'un lapin émerge de tes mains, technique de pliage entre les doigts que nous redemandions !

En grandissant, les jeux ont été remplacés par les histoires, les souvenirs. Plongé dans ton passé, tu nous racontais ta vie, agrémentée de détails par mamie. Histoires que nous écoutions attentivement pour tout enregistrer et ne rien oublier.

Nos yeux d'adulte garderont de toi le souvenir d'un homme sage, calme, paisible et incroyablement gentil. Un grand homme.
Tu nous a quitté sans un bruit.
Tu seras à jamais dans nos coeurs, accompagnant chacun de nos pas.
Nous t'aimons papy, de tout notre coeur et de toute notre âme.


Maëla, Tristan et Killian,
tes petits-enfants,

le 31.10.2010
à St Martin des Champs

4 ans et 3 mois...

  4 ans...   Voilà 4 ans que j'ai "abandonné" ce blog. 52 mois pour être exacte, 4 ans et 3 mois (je n'ai pas compté les j...