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La V.A.E. ou en route vers l'Echelon 5 !

Après 19 mois de dur labeur, de torsions neuronales, de ras-le-bol, il est enfin fini...

Mon dossier de V.A.E. !

Le voilà fini, relu et clôturé.

Je voulais tout finir pour fin novembre, objectif réussi ! Non sans mal... J'espère que ça va le faire...

Lundi, j'ai mon entretien téléphonique avec mon accompagnatrice (normalement, si personne ne perturbe notre planning hebdomadaire 😉) puis le dossier sera présenté au jury qui devrait me contacter ensuite à une date donnée. Mon accompagnatrice me parlait de début janvier mais moi je dirais plutôt fin janvier parce que je vais être un peu occupée dans tous les cas fin décembre-début janvier !

Quel soulagement d'en avoir (presque) fini avec ça !
"Y'a plus qu'a" comme on dit, en espérant qu'il passe du 1er coup ce qui m'arrangerait bien. Mais on verra bien. Je sais que je peux me faire avoir avec les parties concernant l'accueil/secrétariat et les NAC, choses que je n'ai jamais quasiment faites... 

Une fois l'étape cruciale du jury passée et validée, je serais enfin échelon 5 et officiellement Auxiliaire Spécialisée Vétérinaire.


Sainte Anne Sur Brivet
25/11/2016

Ma pire journée d'ASV...

Il y a quelques années, un matin d'août 2010, tôt, je m'apprête à m'occuper de la 1ère chirurgie d'une journée qui s'annonce très chargée.
Nous ne serons que 2 ASV au plateau en ce mercredi. Et encore... que dis-je. Nous serons moi, titulaire forte de mon expérience d'1 an et 3 mois (dont 2 en tant que stagiaire) et une saisonnière qui débute... Bref, on est pas dans le caca ! Ça va être sport. Très sport...
Je suis arrivé à 7h pour réussir à tout gérer (préparation des blocs, réassorts, transfert des animaux du plateau, soins, autoclave à mettre en route, vider le four, plier les champs propres etc, etc...)

Le 1er animal doit être au bloc à 8h pour une chirurgie orthopédique. Un fémur, un tibia, une hanche que sais-je, je ne m'en souviens plus mais c'est une patte arrière.
Le petit patient à 4 pattes est un beau matou noir et blanc de 5 ans, en bonne santé, bonne forme, gentil mais vif et réputé fugueur. Le véto en charge de ce chat m'a d'ailleurs laissé un mot me disant de me méfier tout de même car le chat est stressé, d'éviter les cages en hauteur car il a la fâcheuse tendance de vouloir filer entre les mains.

Je prépare donc une cage sur le plateau technique au niveau du sol et je vais chercher le minou qui est au chenil ambulatoire dans sa cage de transport. Je sors Moustache (appelons le ainsi, je ne me souviens plus de son nom) de sa boite sans aucun problème. Il est effectivement stressé mais je peux le caresser sans qu'il n'ait le moindre signe d'agressivité. Je l'installe dans la cage du plateau et pars chercher sa prémédication.
Ma seringue en main, je rouvre sa cage pour lui faire son injection, en occultant le plus possible la sortie pour qu'il ne puisse pas filer.
C'est alors que Moustache, en apparence calme, s'élance comme un boulet de canon et réussit à me sauter par dessus la tête ! Je n'ai rien vu venir !

Je suis seule... Y'a pas un chat... Enfin si mais il s'est barré...
Je me dépêche de vérifier que toutes les portes sont bien fermés sans quitter des yeux le fugueur. Mais au dernier moment je réalise que la porte du labo menant à la salle d'attente est entrouverte.
Je ne suis pas la seule à l'avoir vu ! Moustache l'a vu aussi ! Je m'élance pour y arriver avant lui.
Loupé... Moustache a été plus rapide que moi... Par chance, il bifurque et s'engouffre dans le placard d'entretien qui est sans issue. Piégé, le chat se retourne et nous nous faisons face.
Je parviens à l'approcher en m'accroupissant devant lui et en lui parlant calmement. Il ne bouge pas. Je tends la main, je peux presque le toucher...
Presque...
Au dernier moment, il se faufile comme une flèche entre moi et le mur ! Comment fait-il ?? Il fait bien ses 6 kg et est rond comme un petit ballon !!
A ce moment là, j'ai un réflexe que je vais payer cher...
De peur qu'il ne s'échappe vers la salle d'attente (heureusement déserte à cette heure) je l'attrape par la peau au niveau des épaules... Très mauvaise idée.... Je le tiens bien mais il réussit à se retourner et me plante ses jolies quenottes dans l'avant bras et en me donnant un bon coup de patte arrière sur le bras (la patte arrière valide est bien valide et griffue...). C'est cette ruade des pattes arrières qui va me faire lâcher prise. Sur le coup je n'ai rien sentie.
Le chat s'enfuit une nouvelle fois en direction des blocs.

Là, je suis sur les nerfs. A cause de cet abruti de Moustache, je suis déjà à la bourre sur le planning à 7h30 !
Je ferme bien toutes les portes derrière moi et je téléphone à l'interne de garde, Noémie, qui se reposait encore dans le studio de garde pour qu'elle vienne m'aider.

Je ne trouve pas le chat. Il n'est ni sous les meubles du plateau, ni dessus, il n'est pas dans le bloc 1, pas dans le sas des blocs d'ortho, pas dans les bloc 2, 3 et 4, je ne le vois pas en salle de ster, ni dans notre petit bureau... Mais où est-il ?? Il n'a pas pu disparaître !!!!!

Je suis sur les nerfs GRAVE !!!

Noémie descend rapidement. Je lui explique la situation et que j'ai perdu Moustache.
Elle me rassure, me disant qu'il ne peut pas être bien loin. C'est pas faux, toutes les portes sont fermées, il a réussit à se planquer dans un coin. Sont fort pour ça les chats...
C'est là que nous remarquons le sang par terre.
"- Oh merde ! Je l'ai blessé !" mon cri du coeur. Sa fracture s'est ouverte ? Je l'ai blessé ? Mais comment ??
"- Non !" me fait Noémie en me montrant mon bras "C'est toi !"
Un ange passe...
Hein ? C'est à moi ce sang ?
Je suis son regard. Un filet de sang coule le long de mon avant bras droit et goutte par terre. On me suis à la trace depuis la porte du labo.
Ah oui... Il m'a bien mordu le Moustache...
J'essuie rapidement mon bras et colle une compresse sur les 2 beaux trous que m'ont laisser les crocs du fauve pour ne pas mettre plus de sang partout. Pas le temps de m'occuper de ça maintenant, on verra quand Moustache sera prémédiquer et dans sa cage.
Nous repartons à la chasse au chat, seringue et lasso à la main.

Je suis persuadé d'avoir vu Moustache filer vers la salle de ster. De toute façon à part là et le plateau, je ne vois pas où il pourrait être. Et il n'est pas sur le plateau, j'en suis sure.
Après bien 5 mins de recherche infructueuse dans les blocs du fond, dans le sas et dans la salle de ster, c'est un peu désespérée que nous échangeons un regard accompagné d'un énorme soupir. C'est là qu'en levant les yeux, Noémie découvre Moustache, bien plaqué, encastrer entre 2 boites... dans le four ! Le four est froid depuis longtemps. Je l'avais ouvert en arrivant mais je n'ai pas eu le temps de le vider.
Comment a t-il réussit à se caser là ? Il est rondouillard pourtant ! Sont fort ces chats... 
Noémie l’attrape au lasso et je lui fait l'injection en intra-musculaire. J'enroule le chat dans une couverte pour pouvoir le porter sans risque et sans l'étrangler avec le lasso. Nous le remettons dans sa cage pour qu'il se sédate.

Je suis super en retard sur le planning.
Quand le chirurgien arrive, le chat dort, est près à aller au bloc et je suis en train de désinfecter la morsure et les griffures de mon bras. Je me fais un pansement de fortune avec des compresses imbibées de javel.
Je lui explique ce qui s'est passé, que du coup je suis déjà à la bourre.

La journée démarre et nous enchaînons comme des dingues.

Ma pauvre collègue est larguée. Je suis obligée de l'abandonnée avec un des chirurgien et des stagiaires qui, heureusement, arrivent à l'aider pendant que je gère les 2 orthopédistes qui brassent le plus de chirurgie en ce mercredi de pur bonheur.
Le véto responsable de Moustache termine ses chirurgies en fin de matinée. Je me débat avec le matériel à nettoyer et à stériliser tout en préparant les blocs et les animaux du chirugiens ortho qui va opéré toute l'après-midi.
C'est un calvaire. Mes nerfs sont en trains de lâchés et j'ai mal. Très mal au bras. Il est rouge vif du poignet jusqu'à la pliure du coude.
Le véto de Moustache vient me voir entre midi et 13h, voir comment je vais et comment va mon bras. A sa demande je défais mon pansement qui me saoule de toute façon. Il prend mon bras dans la main pour mieux regarder avec un geste qui se veut gentil. Je manque de hurler. C'est atrocement douloureux. J'ai les larmes aux yeux. Il me met la main sur l'épaule dans un geste qui se veut réconfortant accompagné d'un phrase qui va m'achever "Il faut tenir hein ?". C'est d'un "Oui" étranglé que je lui réponds. Je fond en larmes après son départ. La pression des derniers jours, la surcharge de travail, la journée de merde, la tension nerveuse et le reflux d'adrénaline de la matinée, tout ça font un cocktail explosif qui me submerge et me fait littéralement craquer.
Mais comme me l'a dit le chirurgien, je tiens bon.

L'après-midi est aussi dure que la matinée, la douleur en plus.
Les chirurgies s’enchaînent, le matériel s'entasse encore et encore... Nous faisons des "tas" stratégiques pour que je puisse m'y retrouver.
Je finis par refuser une dernière chirurgie. Il est tard, j'ai encore plus d'1h de boulot derrière avec le matos sans parler de tous les blocs à nettoyer et qui sont immondes. Je n'en peut plus, je suis au bord de la crise de nerfs, les stagiaires et les internes craquent aussi, ma collègue est resté m'aider en s'arrangeant avec son ami pour qu'il vienne la chercher à Savenay où je pourrais la déposer (elle prends le train pour rentrer chez elle, et des trains y'en a pas des millions le soir).
"- On peut ?" me fait le chirurgien en parlant de la chir qu'il veut lancer sur le chien en arthroscopie déjà au bloc. Ce n'est pas une vrai question, pour lui c'est déjà décidé, on y va point.
"- Matériellement oui, humainement non..."
Ma réponse le fait tiquer. Jamais je ne lui ai répondu, dit non et encore moins contesté une directive. Mais là ce n'est plus possible. Son regard glisse sur mon bras. Ma tête finie de le convaincre.
"- Ok demain."
Je pousse un soupir de soulagement et me dépêche d'annoncer la bonne nouvelle à l'interne, la stagiaire et ma collègue qui m'attendent, tendues, au bloc.
C'est un "ouf" de soulagement qui s'élève ce soir là du bloc 3.
L'interne se dépêche de refermer les 2 "trous" de l'arthroscopie et s'occupe du chien avec la stagiaire pendant que ma collègue s'attaque aux blocs et moi au matériel.
Le chirurgien repassera nous voir avant de partir, voir si on s'en sort et nous remercier indirectement pour la journée qu'on a réussit à gérer on ne sait pas comment.

C'est épuisées que nous quitterons la clinique.
J’appelle ma collègue qui sera là demain matin pour lui donner la 1ère chir du matin, lui dire que le bloc est prêt avec le peu de matériel stérile qu'il me reste, que le reste est au four et que surtout je serais peut être en retard le lendemain parce qu'il faut absolument que j'aille au médecin à cause de ma morsure.
Je raccompagne ma collègue à Savenay et je me rentre enfin à la maison. Il est plus de 22h30.
Je m'occupe de mon bras, me bourre de doliprane, avale un min truc (je n'ai pas mangé à midi) et m’effondre dans mon lit.

Je crois que cette journée est une de mes pires jamais vécu au boulot en 6 ans... Elle m'a laissé un souvenir cuisant et 2 jolies cicatrices sur l'avant bras droit.
Mais je crois que c'est aussi ce jour là où j'ai le plus appris. J'ai dû me débrouiller quasi seule et gérer un planning très chargé, des urgences et des situations difficiles.
Mes nerfs ont complètement lâchés ce jour là. J'ai dû passé 2 jours de boulot restant constamment au bord des larmes.
Sous antibio et avec des soins locaux, l'état de mon bras s'améliore. Pas de complications heureusement.

Quant à Moustache, sa chirurgie s'est bien passé. Il est réparé et n'a plus chercher à fuir peut être vacciné par son escapade...
Je l'ai revu quelques années plus tard. Toujours gentil et mignon mais fugueur ! Je ne me suis pas fait avoir une 2nd fois !


Ste Anne Sur Brivet
Le 11/07/2015

V.A.E (Vas-y, Allez, Et c'est parti !)...

... Validation des Acquis de l'Expérience...

A y'est...
C'est fait...
Enfin c'est fait...
Mon Dossier d'inscription est "recevable" et je dois joindre un numéro "au plus tôt" pour prendre un rendez-vous pour un "entretien téléphonique obligatoire", suite à quoi je dois envoyer un (dernier ?) papier pour le financement de la VAE et yop hop là boum, ce sera partit mon ki-ki !

Bien évidemment je n'arrive à joindre personne au dit numéro aujourd'hui... Je tombe depuis plus 1h sur le même répondeur qui ne me dit rien d'interessant... Donc soit, c'est la pause café-pipi-croissant mais j'en doute fortement (pas plus d'1h quand même...), soit la préposé aux VAE ne bosse pas le vendredi ! Je pencherais pour cette seconde solution... Ou alors c'est le jour de la réunion hebdomadaire allez savoir... 
Une petite iindication horaire pour téléphoner aurait été un petit peu la bienvenue sur le mail m'enfin bon...
Moi qui aime tellement passer ma vie au téléphone.... Re-enfin bon...

Bref (comme disait Pépin mouahahah... on c'est même pas drôle), me voici donc lancé dans la grande aventure de la VAE...
C'est avec ma coupine-collègue que l'on s'est motivée à bloc. Nous avons monté notre dossier le même jour et nous l'avons posté avec quelques jours de décalage.

Je ne sais pas trop dans quoi je me lance. Ca me fou un peu (beaucoup) la trouille...
En même temps c'est bien, VAE veut dire reconnaissance, vrai diplôme (je n'ai qu'une certification), prétention à un plus gros salaire plus élevé, et si un jour changement d'employeur prétention salariale max justifiée.
Mais d'un autre côté, j'ai peur de ne pas avoir le temps de bosser suffisamment, de me lourder comme une merde, de tout foirer... Ouais je sais, la bonne vieille confiance en moi ! On ne se refait pas !
J'ai eu un aperçu sur la démo de la plateforme VAE (qui t'aide à monter le dossier) des questions concernant l'Accueil... Ben rien que là je suis pas dans le caca !! Mon expérience d'Accueil au CHV remonte à 5 ans : 3 semaines en tant que stagiaire, plus quelques jours dans les 5 semaines suivantes puis quelques pauvres autres petites heures quand j'ai été embauché pour donner un coup de pied de main... 
On est très sectorisé chez nous alors, nous, au Plateau ben l’accueil physique et téléphonique du client on en a très très peu... Avec le temps on oubli ! La gestion du planning, à part le planning de chir et quelques reprise, on gère pas grand chose d'autre...
Je sais bien que mes collègues pourront m'aider mais ça fait peur quand même...

Enfin voilà quoi... Des états d'âme encore et toujours. Il faut que je la fasse cette VAE c'est clair mais beaucoup beaucoup de questions et d'appréhension autour aussi...


Sainte Anne Sur Brivet
12/12/2014

La douleur d'un choix...


Tu avais la vie devant toi mais tu en a décidé autrement...


Nous n'étions pas proches, simple collègue de boulot mais je t'appréciais. Toujours un sourire, je ne me souviens pas t'avoir vu de mauvaise humeur ou même énervée plus que ça mais il est vrai que nous ne travaillons pas quotidiennement ensemble.
Nous avons discuter de la pluie et du beau temps, blagué, rigolé, nous nous sommes entraidé. De bonnes relations professionnelles et humaines.
Je ne te connaissais pas beaucoup, nous nous côtoyons au travail. "Bonjour, ça va, quoi de neuf" les banalités habituelles mais qui crée une relation entre personne travaillant au même endroit. De quoi apprécier une personne et être contente de la voir.

Je ne t'ai pas beaucoup vu ces derniers temps, croisée le soir avant de partir puisque tu étais de nuit. Echange de banalité, un "Salut !", un "Bon courage pour la nuit"...
Je t'ai trouvé fatiguée mais qui ne l'ai pas en rythme décalé et puis je ne connaissais pas ta vie...

Et voilà que ta vie s'est arrêté brutalement mardi matin, seule, de nuit, avec le produit rose...
Ton choix, ta décision...

Le choc pour nous tous, la douleur puis l'incompréhension...

Pourquoi ?
Pourquoi un tel geste ? Si brutal, si "définitif" ? Tu avais certainement toutes les raisons du monde pour faire ça mais nous ne comprenons pas, ne l'acceptons pas et pourtant nous n'avons pas le choix...

Tu vas nous manquer et tu nous manques déjà cruellement.

Un ange de plus dans le ciel... 
Puisse-tu être heureuse et en paix maintenant là où tu es.

Un samedi de boulot comme les autres...

Samedi c'est moi était de journée au boulot. 
J'avoue : pas motivée pour 2 sous ! Déjà parce que c'est samedi et aussi et surtout parce que c'était le bapteme de la fille de nos meilleurs amis et que je n'ai pas pu y allé. Zépoux et Lylys y étaient et sont partit le matin même.

C'est donc en traînant des pieds et des pneus que 309 et moi sommes arrivé pour 9h à la clinique. Ce samedi j'ai 2 chirurgiens et un interne de chir pour moi toute seule...

J'ai juste le temps de prendre un café fadasse au pipi de chat (la machine était vide ><) avant de descendre découvrir le planning de la journée...
Pendant que l'ordi du labo se lance, je jette mon café dégueu et un oeil sur le fameux planning. Argh ! 2 rendez-vous de fractures pour l'un, 3 chirurgies de déjà programmées pour l'autre.
Moi qui espérait vainement un samedi pénard... et en plus il fait super beau...

Dès le début je cours...
Pliage de champs opératoire, faisage de boites, mise en route de l'autoclave, rangement des boites de chir stérilisées pendant la nuit dans le poupinel, réassort d'un peu de tout, préparation des blocs "au cas où" parce que je ne sais pas encore à quelle sauce je vais être mangé à quel le heure tout va démarrer.

Et ca démarre très vite !
La 1ère fracture entrée doit être au bloc pour 10h30. Je prémédique le chat de suite pour qu'il soit prêt et que je n'ai plus qu'à l'endormir pour l'heure dite. Tonte, radios, injections tout est ok. C'est un magnifique MainCoon grand mais au poids plume 5,8 kg seulement. Je suis fan, j'adore ces chats !
Au même moment, l'autre chirurgien vient me dire qu'on peut lancer la cystotomie quand je veux/peux mais attention c'est un chien méchant. Ah... Le chirurgien est zen, il n'a que 2 chirs finalement donc pas de stress, je le lance dès que je peux, il n'a rien de long ni de compliqué me dit-il. C'est déjà ça !
Alors que je prépare "la dose" du chien méchant, le 2nd chirurgien me dit de prémédiquer aussi sa 2nd chir qui ne sera pas longue non plus et qu'on fait ce matin aussi mais attention c'est un chien méchant... -_- Euh c'est la journée des chiens méchants c'est ça ?
Je prépare alors les doses pour les 2 vilains chiens et part avec l'interne de chir qui a 5 mins pour m'aider à "piquer" les grosses bêtes...
Au passage je demande à ma collègue du chenil de nous aider.
Le chien à cysto est un gros labrador bien flipper qui est en fait plus mort de peur que vraiment méchant même s'il faut s'en méfier. En prenant la laisse, j'arrive à le faire venir vers moi, à le coincer gentiment contre le mur et à lui faire son injection pendant que l'interne fait diversion en lui parlant. Bon, lui c'est fait ! au suivant !
La fracture du radius-ulna est lui bien plus flippant... Il défend sa cage et gronde férocement... Pas question d'y mettre le bras/les mains/les doigts... Nous parvenons à l'attraper au lasso et à le "piquer" dans les fesses.
Après ces réjouissances c'est l'heure d'endormir le chat !

Ensuite tout s’enchaîne. Je lance les chirugies, endort les cas. Une neuro est rentré, à peine la patte posée sur la table de prépa qu'il faut l'endormir là tout de suite. En même temps je suis en train d'installer la cystotomie au bloc...
Je n'ai même pas eu le temps de vider l'autoclave !
J'arrive je ne sais comment à débarasser le bloc 3 (la fracture du chat), lancer la cycto (le labrador pas gentil), récupérer ce psychopathe de Cané Corso qui continue à grogner et à vouloir chiquer malgré sa prémédication de cheval, lui poser un cathé, l'endormir, préparer le bloc pendant que l'interne prend le relais sur la préparation du chien, surveiller le labrador pendant sa chir, prémédiquer le chien suivant...
La neuro lancée, je prépare le bloc pour sa chir pendant qu'il part en radio puis au scan. Pendant ce temps la cysto se termine, le véto me dit que cool, y'a pas le feu le suivant il peut le faire à 14h. Je lui répond que c'est bon je l'ai shooté mais finalement c'est bien à 14h qu'il sera opéré...
Pendant que l'interne referme la patte du Cané Corso dans le bloc 3, le 2nd chirurgien passe au bloc 2 avec la neuro...
Je me dépatouille avec mes boites et mon matos qui commence à s’amonceller...

Je lance la 2nd chir du chirurgien tissus mous, c'est une chir rapide, à peine le temps de m'occuper du matériel et des chiens qui se réveillent que c'est déjà fini ! Ouf !
Oui mais une autre fracture pas prévu débarque en urgence avec son véto j'ai envie de crier...
Mon patron me demande alors si j'ai pris ma pause déjeuner. Je le regarde un peu étonnée et lui répond un "Euh... Ben non..." un brin ironique au vu des 3 blocs non débarrassés et pas vraiment très clean, des 3 chiens à peine réveillés et d'un 4ème que l'interne est en train d'endormir pour un scanner... Il insiste alors sur le fait qu'il faut que je prenne le temps de manger un truc... J'obéis dubitative me disant intérieurement que j'ai pas vraiment le temps et que c'est bien la 1ère fois qu'il insiste à ce point même si je lui avais fait gentiment la remarque que ASV et Interne devaient manger pour tenir le coup... En fait je pense que c'est parce que la fameuse fracture arrivée avec son véto l'a agacé et qu'il a voulu montrer au gars que nous n'étions pas à sa disposition pour réparer ses bêtises.... Bref j'ai quand même pris 10 mins - 1/4 d'heure pour manger mon melon-tomates cerises assise et au calme.
En redescendant je découvre qu'une ratectomie splénectomie a également débarqué j'ai envie de pleurer......
Le temps d'avancer un peu le matériel, débarrasser et préparer le bloc pour l'orthopédie et je me débouble encore une fois et dit à l'interne d'aller grignoter quelque chose tant qu'elle en a encore le temps. Il est alors 15h30...

Alors que je crois la tempête enfin passée, les animaux sont tous extubés, j'arrive enfin à avancer mon matériel, une nouvelle urgence arrive... Un chien paralysé... depuis 3 jours Grrrrrrrrr ! Mais à quoi pense les gens ??? J'ai envie de mordre !
Heureusement j'ai eu le nez creux et je n'ai pas toucher au bloc qui avait servit pour la précédente neuro ce qui fait que le matériel est toujours "stérile"...
Quand je lance cette dernière chirurgie, il est 18h30...
Théoriquement je termine à 19h et le chir ortho pensait lui aussi finir tôt...
Les 3 blocs sont sales et le bloc 1 est une catastrophe après la splénectomie... Y'a du sang partout ! Je le garde pour la fin une fois que j'ai tout nettoyé, rangé, mis dans les fours...
Une fois le bloc 1 décrassé il est déjà 20h... Un dernier tour du plateau histoire de le rendre "présentable" (vidage des poubelles, coups de chiffons sur les paillasses et les tables...), les derniers soins aux animaux restés en hospitalisation et pas encore transféré puis je lève enfin le camp à presque 20h30...

Un samedi comme beaucoup d'autre soit disant calmes au départ, qui passe à vive allure, que l'on gère on ne sait pas comment, dont on s'en sort on ne sait pas comment mais sur les rotules avec une envie de pleurer quand une urgence arrive en fin de journée alors que l'on commençait à voir le bout du tunnel...
Parfois être seule ça le fait mais d'autre c'est pas possible... J'ai connu pire mais j'ai connu mieux aussi. Seule avec 2 chirurgiens et une seule interne c'est vraiment dur.

Enfin, bienvenue dans mon monde !


Zita, dis, à quoi tu sers ?

Pendant mon congé maladie/congé maternité, une équipe TV d'M6 est venu faire un reportage "en immersion" à mon boulot avec en "Guest Star" la fameuse Zita...
Quelle chance j'ai eu de ne pas être là pendant ce tournage ! J'avais déjà "souffert" et excellé dans l'art d'éviter la caméra lors d'un précédent reportage mais qui, lui, a le mérite d'être vu même si le montage me fait mourir de rire. D'ailleurs il est possible de trouver ce reportage ainsi que celui de 30 Millions de Z'amis sur le site du CHVA.
Comme l'émission de Zita n'a été diffusé que le mardi dernier (7 aout), il n'est pas encore sur le site de la clinique et j'espère qu'il n'y sera JAMAIS !!

Ce reportage est une vaste blague...
"Zita dans la peau d'une assistante vétérinaire"... Ah oui ? Quand ça ? Aaah ! Quand on prend la température des animaux et qu'on ramasse la merde ! Ca c'est un magnifique résumé de notre métier y'a pas à dire ! Et on gagatise béatement devant tous les toutous et les tits minous aussi...
Zita manque de tourner de l'oeil à chaque gros cacas et quand elle met un thermomètre dans le cul d'un chien... C'est une chochotte ou elle le faite juste exprès devant la caméra ?

Ce reportage se porte surtout sur l'évolution de la relation entre les gens et les animaux domestiques et jusqu'où les maîtres sont prêt à aller pour leurs animaux. Relation qui a beaucoup évoluée et qui parfois dérive vers une personnalisation totale des animaux. 
Zita suit également un véto en rural, d'urgence à domicile entre autre... Rien à voir avec le boulot d'ASV...
En fait le reportage ne montre RIEN du travail d'une ASV...

Comble de la blague ils arrivent à se gourer dans les races des chiens que l'on voit, dans les maladies des animaux (Non pas "PIFFE" n'est pas le Sida des chats, rien à voir ! En plus c'est "PIF" et ça signifie Péritonite Infectieuse Féline...), et le pire ils se plantent dans la spécialisation des vétérinaires du CHV... Il suffisait juste de lire jusqu'au bout la plaquette de présentation de la clinique ou le site internet... Je dis ça, hein, je dis rien !
Depuis quand le Dr SS est la seule neurologue ? Elle est spécialiste en imagerie médicale (scanner), cancérologue et médecine générale. On a juste 2 vétérinaires spécialistes en neurologie mais bon... C'est qu'un détail !

Bref, le reportage est nul, ne montre pas du tout ce que le titre laisse imaginer, à savoir notre beau métier d'Assistante Vétérinaire, sert à faire "pleurer" dans les chaumières et que nous, ben on sert à rien vu que l'on nous voit quasiment pas de tout le reportage... Tu parles d'une immersion...

Pour un vrai reportage sur les assistantes vétérinaires, il aurait fallut que la Zita suivent une ou des ASV toute la journée ! Et au CHV, elle aurait eu tous les aperçut de notre métier puisque nous sommes très secteurisé : le secrétariat et l'accueil, le plateau technique et blocs opératoire, l'hospitalisation et les soins ! Ils ne pouvaient pas trouver mieux comme structure pour ça ! Et puis une autre partie du reportage dans une structure plus petite parce que forcément le travail n'est pas le même et surtout pas distribuer de la même façon...

Enfin bon... pour votre culture vous pouvez aller jetter un oeil critique sur ce reportage de merde ou pas... Vous pouvez aussi passer votre chemin, vous ne perdrez pas grand chose...



Kenavo ar c'hentañ les internes !

Ou "A la prochaine !" en français dans le texte !
Ben oui, j'vous ai assez enquiquiné avec ma Breizh-Attitude pendant 2 ans pour certaines ! Fallait bien que je cause un peu le breton quand même ! ;)

Et voilà, nos p'tits internes s'en vont...
Hier soir, ils nous avaient tous (ou presque) réunit, vétos, ASV, pour un repas avant leur départ au Lieu Unique à Nantes. C'est sympa de se retrouver comme ça, hors du cadre du boulot et des tensions =) On se (re)découvre sous un angle différent et ça permet de discuter avec des collègues comme on ne le fait pas forcément au taff. 
Pis le repas était super bon ^^

L'an dernier, je n'avais pas pu assister au pot de départ des internes. C'est tombé pile poil la veille de notre déménagement, mes parents, beaux-parents et frangins débarquaient... Pis j'étais enceinte, il m'aurait fallu négocier dur avec Zépoux qui ne voulait pas que je conduise pour aller "si loin" ! Oui Nantes c'est super loin c'est clair ! lol Mais je pense que j'aurais gagné la négociation sachant que Zépoux n'a jamais réussit à m'empêcher de conduire jusqu'à la fin de ma grossesse hihi ! Enfin bon, ça tombait mal, donc j'ai pas pu y allé et je l'ai regretté... J'ai dit "au revoir" par mail à l'interne de chir qui partait...
Mais les autres internes de chir, celles avec qui nous, ASV du plateau, travaillons le plus, sont restés 2 ans. Elles sont donc la 1ère "cuvée" d'internes qui j'ai vu arriver puis repartir !
Je les ai vu évoluer, s'affirmer, devenir de supers vétos de compet'. J'ai aussi beaucoup appris auprès d'elles n'ayant qu'une année d'expérience professionnelle en tant qu'ASV à mon actif quand elles sont arrivés. Et puis le courant est plutôt bien passé surtout avec 2 d'entre elles =) Nous avons vécu ensemble de bons moments, des moins bons, des moments difficiles, des bonnes tranches de rires... Nous avons aussi formé un "club" : le "club des migraineuses", partageant nos expériences en maux de tête et nos souffrances lol Du coup, voilà ce club dissous... snirf ! Qui-qui qui va compatir à mes maux de tête maintenant ??

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Comme il semble qu'elles suivent un peu mes passionnantes aventures via ce blog, il va falloir que je parle un peu plus du boulot pour continuer à les tenir au courant de la petite vie trépidante qui anime le CHVA ^^
Je ne parle pas souvent de mon travail parce que je m'auto-censure pour des raisons évidentes, on ne peut pas tout dire sans prendre quelques risques que je n'ai pas envie de prendre. Et puis on a des tondeuses qui tonds pour l'instant donc en fait y'a pas grand chose à raconter ;) 
Ah si, on a de nouveaux plannings... 
Les micros-chiens ne m'aiment toujours pas et un boxer agressif a faillit mon faire mourir d'une crise cardiaque. La routine quoi !

Enfin bon voilà, une nouvelle cuvée d'interne va arriver, il va falloir nous réadapter, apprendre à se connaitre, s'apprivoiser, se supporter, créer de nouvelles complicités (j'espère)... Bref, vivre une nouvelle expérience humaine et du même coup professionnelle.
Ces 2 ans, enfin 1 ans 1/2 pour moi en fait vu que j'ai "pondu" entre temps, furent bien sympathiques...
Rah mais j'avoue, vous allez me manquer les filles ! Alors si vous passez par mon blog, de temps en temps laissez moi un p'tit message ça me fera plaisir ! Ouais y'a Face-De-Bouque aussi mais là sur mon blog ce sera rien que pour moi hihi ;)

Bonne continuation à vous tous, gros bisous, pis on se dit à bientôt qui sait =)


"Vous avez vraiment un beau métier"

Dans mon boulot, nous voyons un tas d'animaux en une seule journée. Pleins de cas différents mais souvent des interventions et des préparations bien connues et répétés mainte et mainte fois.
Nous commençons à nous occuper des animaux toujours de la même façon : prémédication, pose de cathé (dans ce sens là ou dans l'autre), induction (c'est à dire dodo la bêbête !).
Une jour, un client, qui était venu déposé son chien pour une chirurgie orthopédique, m'a dit après que j'ai posé le cathé à son animal et fait son injection, "Vous avez vraiment un beau métier !" pendant que je nettoyais le vomit de son cabot qui était à jeun mais bon "Oh ! il a dû avaler 1 ou 2 croquettes"... oui, ou un bol...
Généralement, nous oublions très vite leurs noms quand nous avons ne serais-ce pris le temps de le retenir après l'avoir lu sur la fiche d'hospitalisation... Bien souvent, nous identifions les animaux dont nous nous sommes occupé par l'intervention qu'ils viennent de subir. Quand nos collègues de l'accueil ou du chenil nous demande comment va le chien/chat de Mr Machin/Mme Truc nous leur répondons "Euuuuh... Ah oui, la laparo/TPLO/ovario/castration/urétro (etc...) !".

Nous oublions certains une fois qu'ils sont rentrés à la maison et une fois que nous avons quitté la clinique.
Biensur, nous ne sommes pas insensibles non plus bien au contraire ! Il nous arrive très souvent de gagatiser devant un chiot ou un chaton, de fondre devant les grands yeux câlins de GrosToutou, des ronrons tout doux de Minou. Il y en a des gentils, câlins, collants, gluants, envahissants, obéissants, beaux, moches, crottés, hargneux, bêbêtes mais gentils, cons mais pas méchants, cons et méchants, teigneux. Nous avons aussi de vrais méchants qui sont de vrais dangers !
Le gentil Braque de Weimar qui aboit contre son ombre...
Le Braque Allemand gentil mais con-con...
La Caniche à sa maman pré formé pour les bras...
Le York à couettes...
Le Spitz au regard pas franc...
Le Bouledogue Français au regard vide...
Le Golden à la bouille d'amour...
Le Pointer doudouille...
Le gros Rott de 50 kg de muscles et de câlins...
Le Chihuahua qui m'aime pas...
Le Dogue Allemand chien de garde mangeur d'homme...
Le Saint-Bernard qui veut faire des bisous mouillés...
Le Chat ronron...
La Chat flippé...
La Chat qui attaque...
La Shar-Peï paillasson urticant, qui pique et qui est con...
Le Labrador câlinou...
Le Boxer qui ne veut que jouer...
Et bien d'autre... ^^

D'autres nous marque un peu plus comme par exemple le chien auquel j'ai posé mon 1er cathé : D'Artagnan, ou cette petite chatte que j'avais suivi du début à la fin, que j'avais moi-même entré en hospitalisation, qui était venu pour une césarienne sur chaton mort et qui finalement était bien malade et qui est morte quelques jours plus tard... Ou bien l'histoire du jeune chien fugueur mignon comme tout percuté par une voiture qui rentre chez lui avec une grave fracture d'un postérieur et que l'on euthanasie sur la table de prépa faute de moyens financiers... Ou encore ce chat que j'ai rebaptisé "Highlander" qui avait une nécrose d'une patte cassée. Il fallait l'amputer au plus vite et le chat n'était pas très bien. Du tout du début de l'anesthésie à la fin de la chirurgie et la mise au réveil, il est mort 3 fois ! C'était un samedi, avec le chirurgien, nous l'avons ramené une 1ère fois juste avant la chirurgie à l'induction puis une 2nd fois juste à la fin de la chir avec l'interne et une dernière fois au réveil... Ce chat est rentré chez lui sur 3 pattes quelques jours plus tard en pleine forme !
Ce ne sont pas des animaux auxquels nous nous attachons réellement mais l'affectif entre en ligne de compte et quand ça se termine mal, ça nous fait mal au coeur... Surtout si ces animaux sont resté un petit moment avec nous et que nous avons appris à les connaître un peu.

Il y a aussi des cas marquants que j'ai eu, de ceux où l'on s'inquiète, qui nous suive jusqu'à la maison, que l'on a hâte de voir le lendemain, de savoir s'il est toujours en vie et dans quel état.
Le dernier que j'ai eu était un chat noir persan arrivé en urgence pour détresse respiratoire.
J'étais en train de lancer un pyomètre sur une grosse boxer quand le chirurgien vient me dire de laisser la chienne en "stand-by" et d'aller préparer le bloc pour une hernie diaphragmatique qui en fait s'est avérée être une hernie phréno-péricardique c'est à dire que, pour ce cas là, le foi entourait le coeur...
Le chat n'est vraiment pas bien et a beaucoup de mal à respirer. Le moindre stress peut lui être fatal. Nous le prenons doucement et calmement pour lui poser un cathé et l'endormir afin de le préparer pour la chirurgie. Malgré toutes nos précautions, le chat se met à paniquer, se débat manquant de nous lacérer les bras au passage. Nous voulons le remettre sous oxygène, le laisser récupérer et se calmer pour faire une nouvelle tentative parce qu'il va bien falloir l'endormir le minou ! Mais à peine fait 2 pas, le chat se cambre et vire au bleu ! Arrêt respiratoire !! Un interne de médecine fonce chercher la boite de réanimation, un autre attrape cathé et schotche pendant que je maintiens la gueule du chat ouverte pour que l'interne de chirurgie puisse l'intuber au plus vite. Intubation réussit, l'interne de chir et moi tentons de trouver une veine pour enfin poser ce fichu cathé. En cas d'arrêt il nous faut absolument une voie veineuse pour la réa ! Un interne de médecine ballonne le chat pendant que nous nous galérons avec les veines non-existantes... Le chat est toujours bleu et en mydriase complet... Arrêt cardiaque !!
Le chirurgien enfile des gans stériles, une lame de bistouris en ouvre le chat là, sur place pendant que nous tentons toujours désespérément de trouver une voie veineuse et avec un animal en arrêt c'est encore plus dur !
Le chirurgien entame alors un massage interne, le véto urgentiste qui avait pris en charge le chat à son arrivée, prend le relais pour le cathé et incise la peau de la patte pour pouvoir visualiser la veine et poser enfin ce cathé de malheur.
Le coeur du chat repart, il redevient rose mais reste en mydriase... Ca fait au moins 5 mins que nous nous "acharnons" sur lui. Nous sommes tous surpris de le voir "revenir" !
Le chirurgien agrafe l’incision de l'abdomen et direction le bloc !!
La chirurgien en elle-même se déroule bien. Le chat est stable.
A la fin de la chirurgie, l'interne de chir reste avec le chat toujours branché au moniteur pendant que je pars reprendre le pyomètre avec le chirurgien et un stagiaire véto qui pour du coup va mettre les gans pour aider en chir. Le coeur du chat est bon mais il fait yo-yo niveau saturation en oxygène... Ses pupilles se rétractent, il revient parmi nous mais la grande question est dans quel état ?
Les proprios sont biensur prévenu et arrivent en fin d'après midi. Le chat alors n'est plus sous oxygène pur mais toujours intubé et sous moniteur.
Le soir, avant que de partir, je vérifie une dernière fois comment va le minou. Il est toujours intubé dans la cage à oxygène. Il commence à avoir des réflexes de déglutition, il ne devrait plus tarder à "cracher sa sonde"... Mais le pronostic est réservé...
Le lendemain matin j'avoue être surprise de le trouver vivant. Bon, il convulse, s’arque-boute et n'est pas "dans notre monde" mais il est vivant ! Et il semble avoir une sacré envie de vivre.
Maintenant il faut attendre, voir si les troubles neurologiques restent ou non, s'il récupère ou pas... En une semaine, il n'a pas fait beaucoup de progrès mais il ne convulses plus et mange bien à la seringue, fait pipi et caca. Par contre il est "neu-neu" mais bien vivant ! Là, il est rentré chez lui pour un essai à la maison. Les propriétaires ne veulent pas entendre parler d'euthanasie pour le moment. L'avenir nous dira s'ils ont raison ou non et si le chat va récupérer... 
J'espère que ce chat va vivre et retrouver ses facultés.


Les petits bonheurs d'un(e) ASV...

Notre bonne humeur et notre entrain ne tient parfois qu'à un fil... il est pourtant simple de rendre un(e) ASV heureu(se)x ^^

  • Que tout le monde réponde à notre "Bonjooour !" enthousiaste du matin.
  • Découvrir un planning cohérent dès le matin.
  • Réussir à poser ses cathé du 1er coup (parfois on a des semaines de loose totale...)
  • Ne pas se battre avec les animaux...
  • Avoir un animal qui s'endort comme il faut...
  • Avoir une tondeuse qui tond.
  • Avoir des chirurgies qui s’enchaînent bien-tranquillou-tout-va-bien et des vétos/chirurgiens cools, gentils, détendus...
  • Avoir des animaux qui se réveillent comme des fleurs.
  • Ne pas avoir à prémédiquer un animal avec ses proprio cons/stressés/paniqués/casses-pieds/qui tournent de l'oeil à la moindre goutte de sang où on a l'impression que c'est à eux qu'on pose le cathé à la contention plus que douteuse...
  • Avoir une tondeuse qui tond...
  • Avoir tout ce dont on a besoin dans les tiroirs et/ou avoir le temps d'aller chercher ce qu'il faut sans partir comme des dérater et frôller les performances d'Usain Bolt au 100m...
  • Avoir le temps de manger/se poser/boire un bon café avant de retourner au front au boulot.
  • Réussir à mettre en place un planning pour l'après-midi.
  • Ne pas avoir des animaux au réveil/qui attendent partout dans tous les coins.
  • Ne pas avoir une tonne d'urgence qui tombent pile poil à 18h30...
  • Avoir une tondeuse qui tond bordel de m*#!& !...
  • Ne pas avoir à se dédoubler en 10, courir partout avec l'horrible impression que malgré tout nos efforts rien n'avance...
  • Avoir du boulot, ne pas s'ennuyer comme un rat mort mais ne pas être archi débordé au point d'avoir envie de s'arrêter pour hurler un bon coup... Trouver le juste milieu quoi !
  • Ne pas se couper, se brûler, tomber, se piquer, se faire griffer, mordre...
  • Voir des choses sympas comme des rapaces, reptiles et autres NACs.

  •  Finir à l'heure...

J'oubli certainement un tas de choses !

Un(e) ASV se contente en fait de peu de chose ;)


Au secours ! L'été arrive !

"Ca y est Mana a craqué, elle pète un plomb..." me direz-vous...
Non, non du tout ! C'est juste que l'été, au boulot, c'est juste l'enfer, l'horreur, la galère, c'est la saison que l'on a envie de voir vite passer ! Surtout le mois d'août où tous les cabinets vétos ferment ou presque et où du coup tous les cas divers et variés nous tombent dessus...

Ben hier, je ne sais pas si c'est pour nous préparer psychologiquement et physiquement et/ou nous faire une tite répétition avant l'ouverture des hostilités mais malgré l'absence d'un des vétos brassant le plus de chir dans une journée ben mon vieux on a morflé eu du taff !
Le planning se voulait plutôt "calme" à la base mais un tas de choses se sont rajouté... Du coup, enchaînement de chirurgies, un peu de mal à faire suivre le matériel etc... Ça faisait un bon moment que je n'avais pas connu de mercredis comme ça où l'on termine sur le rotules à 20h30...

Bref, tout ça pour dire que le beau temps en général a la fâcheuse tendance à faire exploser les plannings et de nous faire suer sang et eau !

Quand je bosse les samedis j'en viens parfois à espérer qu'il pleuve, qu'il fasse un temps exécrable du début à la fin car comme m'a dit un jour un de mes patrons un samedi, au bloc lors d'une des rares chir de la journée, alors qu'il attendait que le Surgicel (gaze hémostatique) fasse son oeuvre en regardant la pluie ruisseler sur la vitre "Quand il pleut, les gens ne sortent pas, donc le chien ne se barre pas, et puis s'il se barre les gens roulent moins vite le chien a une chance d'éviter la bagnole du coup il n'a rien et ne vient pas..." et moi de lui répondre avec "Et nous, on termine à l'heure." Ça l'avait fait sourire. Ça avait été un samedi calme.
C'est une philosophie un brin étrange de vétérinaire mais qui se vérifie.
Dès qu'il fait beau c'est la dégringolade de cas en tout genre.
Il fait beau, les gens sortent, promènent Kiki qui boite vachement dit-donc... Il boitait déjà depuis le début de l'hivers mais là oulalala ! Vite vite chez le véto !
Il fait beau, les gens sortent. Barnabé le bouledogue français au regard vif et intelligent ne veut toujours pas sortir de son panier et pleure quand il essaye... Bah c'est bizarre ? C'est pas parce qu'il faisait pas beau qu'il bougeait pas ? Ben non, en fait il a probablement une hernie discale qui lui paralyse les postérieurs et oui ça fait mal... Vite vite chez le véto !!
Il fait beau, les gens sortent. Filou cours dans tous les sens, saute, virevolte derrière son ombre des insectes, fait des cascades puis reviens en pignant la patte en l'air... Vite vite chez le véto !
Il fait beau, les gens sortent. Rex, grosse bête poilu de 60 kg dévore sa pâtée et s'en va gambadé un peu trop vite et fort avec ses maîtres... Crac torsion d'estomac ! Vite vite chez le véto !
Il fait beau, les gens ouvrent leurs fenêtres. Minou et Minette s’envolent suivre les oiseaux... 4 étages c'est un peu trop... Vite vite chez le véto !
Ce ne sont que quelques exemples et heureusement même si nous pestons après les gens qui auraient pu se réveiller plus tôt et ne pas attendre que leur animal soit au plus mal pour arriver en courant avec ou sans rendez-vous parce que c'est méga urgeeeeeeeeeeeeent !! et que en grattant un peu on se rend compte que ça aurait pu être pris bien avant, il y a quand même des arrivées et des rendez-vous logiques qui amène une prise en charge logique et des urgences logiques.
Il y a de vraies urgences biensur, on y peut rien elles arrivent, faut faire avec même s'il est 18h30 mais parfois y'a des choses qui nous font grincer des dents, qui aurait pu arriver avant genre le neuro, neuro depuis 2 jours... ou le chien/chat qui boite depuis plusieurs jours avec une patte qui fait un angle bizarre... etc...

Enfin bon !
Chaque fois que le beau temps revient c'est toujours pareil, le boulot est dans ce cas un peu plus galère, on est plus débordé (adieu enchaînement fluide des chirurgies !), il nous faudrait le don d'ubiquité, on est plus crevé à la fin de la journée mais au final, je ne changerais pas de boulot pour autant ! ;)


ASV or not ASV

Je ne parle pas souvent de mon travail sur mon blog... pourtant il y en aurait des choses à raconter ! Entre les animaux, les collègues, les patrons, les vétos, les clients... Mais je ne voudrais pas dire quelque chose qui pourrait être mal interprété et tendre ainsi le bâton pour me faire frapper...

Mon boulot, le plus beau du monde mouahahah, j'ai mis du temps à le trouver mais j'ai fini par trouver ma voix voie (à 25 ans il était temps ! En même temps pas facile de savoir ce que l'on veut faire) (oui je suis un peu longue à la détente) (mais m'en fou parce que moi j'ai une Licence d'Histoire-Géographie) (ouais je sais on s'en fou ça me sert à rien mais j'avais envie de me la péter un peu) (ouais je sais y'a pas de quoi...) et mon boulot me plaît =)

C'est pas tous les jours tout rose mais en même temps quel boulot l'est ?

Y'a des jours où ça va, c'est cool. On enchaîne tranquillou les chirurgies en tous genres : tissus mous, orthopédie, neurologie... On a le temps de préparer les blocs, les animaux, débarrasser, nettoyer et ranger le matériel...

Y'a des jours où on attends, où on se fait ch*** s'ennuie, où on fait le ménage histoire de tuer les heures qui s'écoulent avec une lenteur presque provocatrice... (Si, si ça arrive vraiment mais bon c'est quand même pas souvent)

Et y'a des jours où c'est l'enfer la folie, où l'on a du boulot par dessus la tête, où les heures défilent et s'accélèrent nous donnant cette atroce impression de ne pas avancer tellement il y a de chirurgies à enchaîner. Le matériel déborde, les boites vides de champs et casaques s'empilent dans tous les coins de la salle de stérilisation, le four et l'autoclave tournent non-stop hurlant toutes les 2h30-3h qu'il faut qu'on les vide si on veut continuer. Le matériel sale est posé stratégiquement avec leur boite pour ne rien mélanger. Nous n'arrivons même plus à faire suivre les machines de champs. Les cages de réveil sont toutes pleines à craquer d'animaux encore groggy et nous, ASV du plateau technique, qui pourrions prétendre à la médaille d'or de n'importe quel grand marathon, courront dans tous les sens entre les blocs, les animaux endormient/à endormir/qui se réveillent... Nous n'avons même pas le temps d'aller à WC ou même manger ou alors en lance-pierre...
Avec de la "chance" nous avons même le droit à la réflexion qui tue "Mais le plateau est dégueulas, il faut nettoyé tout ça !" -_- ...
Il nous faut alors nous dédoubler encore un peu plus, les nerfs tendus comme un arc prêt à décocher la 1ère flèche a qui osera nous titiller une fois de trop...
Nous nous prosternons alors devant nos collègues du chenil qui viennent nous prêter main forte lorsqu'ils le peuvent et nous permettent ainsi d'avoir des champs propres, des animaux réveillés transférés, un plateau  technique sinon rangé qui ressemble moins à un champs de bataille...
Nous finissons ces journées là en zombis, sur les rotules, mortes et enterrées...
Horaires à rallonges pas toujours faciles à gérer...

L'ASV doit avoir du caractère pour ne pas se faire manger tout crue mais doit savoir prendre sur elle (ce qui n'est pas toujours facile...), être flexible, calme, patiente, polyvalence, savoir prendre des initiatives au bon moment, savoir faire preuve de tact et être capable d'embrayer rapidement, être rapide et efficace... Tout ça en gardant le sourire ! (si possible...)

Mais à côté de tout ça, il y a heureusement le contact avec les animaux chose qui attire en 1er toute ASV, le travail est diversifié et intéressant et puis j'ai de supers collègues aussi ce qui ne gâche rien !
Grâce à notre spécialiste des NAC nous avons aussi la chance de croiser quelques bestioles un peu plus "exotiques" comme des rapaces (j'adore !), pélican, walibi, lion, tigre, guépard, phoque ! C'est chouette ;)
Dernièrement j'ai assisté à la chir d'un Grand Duc qui a la patte cassé. Il est toujours là d'ailleurs en convalescence. Il est magnifique.



Maman Mana Au Foyer Terminé !

Dans une semaine, je reprends le chemin du travail... aaaaaarghhhh !! 

www.chv-atlantia.com/

Après 8 mois d'arrêt, est ce que je vais encore savoir poser un KT, intuber, préparer le matos qu'il faut ? 

Il faut que je profite de ma dernière semaine comme on dit mais demain, mercredi et jeudi, Lylys est chez sa nounou. Même si ça va me permettre de faire des choses notamment de la peinture dans sa chambre et reprendre le ponçage-peinture des chambranles de portes, ça sent la reprise et ça me stress... J'ai des "angoisses" par moment et je dors mal... En même temps suis une stressée de la vie alors bon...
Et puis toute une journée sans Filoustine dur, dur !!

Il va falloir que nous trouvions un nouveau rythme pour les 3 premiers jours de la semaine. Reprenant le boulot à 80% j'ai mes jeudis et vendredis toute la journée.
Mes horaires : lundi 8h30-19h, mardi 8h-18h30, mercredi 8h-18h en espérant que ces horaires "théoriques" soient aussi "pratiques"...
En gros ça va donner du levé à 6h-6h30 pour moi, préparation de lylys à 6h45-7h, départ pour moi vers 7h-7h15, idem pour Zépoux et Lylys, direction la nounou à 7h15 pour être chez elle à 7h30 pour que Zépoux puisse arriver à son boulot pour 8h...
Ca va être sport !! Surtout au début...

Zépoux va s'occuper de sa puce le soir, bain, change et biberon car même si je termine à l'heure, il me faut environ 50 mins (sans bouchons) pour rentrer à la maison...

Retrouver une vie sociale va me faire le plus grand bien, je suis contente de retrouver mes collègues-copines de boulot mais j'appréhende la reprise du travail en lui-même... Il va falloir que je retrouve mes marques ! ... et de nouveaux sabots parce que les miens ont rétréci à la machine...

4 ans et 3 mois...

  4 ans...   Voilà 4 ans que j'ai "abandonné" ce blog. 52 mois pour être exacte, 4 ans et 3 mois (je n'ai pas compté les j...